lundi 20 octobre 2014

Le vent nous portera ...



Je te laisse.
Je n'ai pas dit que je te quitte.
Mais je te laisse.
Pour un moment.
Long ou cours je ne sais pas encore.
Le seul qui pourra nous le dire c'est le temps.
En partant, j'ai voulu laisser la lumière allumée.
Ici, maintenant, toujours.
Qu'elle soit avec toi.
Qu'elle soit en toi.
Qu'elle te porte, dans les peines comme dans les joies.
Qu'elle inonde ton visage, ton coeur, ton âme.
Moi, je rêve d'être la petite bulle de lumière sur la photo, légère, douce, aérienne.
Je rêve de cette habileté là, à être si flottante, si simple, si soi.
Je rêve, mais pour le moment je crois que je n'y arrive pas.
Pas tout à fait en tous cas.
Pas complètement.
Mais qui sait ?
Demain peut être ?
Ou le jour d'après ?
Tout au fond de moi, j'y crois.
Je crois à la vie.
Je crois à l'amour.
Je crois à l'envie.
Je crois à la force en nous, cette force qui nous pousse, encore, toujours.
Je ne te quitte pas, c'est promis.
Mais je te laisse.
Garde la lumière ancrée au fond de toi.
Je le ferai aussi.
La vie est si belle.
Embrassons la !

Crédit photo: Bob



jeudi 9 octobre 2014

L'élasticité des sentiments ...




Avec les autres, je me suis toujours sentie reliée comme par un élastique.
Le contact se fait, souvent très facilement.
Une connexion rapide.
Intense.
Profonde.
Un lien se noue assez rapidement.
Mais pas un lien souple et confortable, non.
Malheureusement.
Un peu comme un élastique trop tendu si je puis dire.
Je suis très vite très proche.
Trop vite trop proche.
Je (me) donne à 200%.
Je ne sais pas doser.
Peut être même que je suis envahissante ?
Et puis, sans que je comprenne, sans que je sache forcément pourquoi, l'élastique soudain se détend.
Mais trop vite aussi.
Trop fort encore.
Et j'ai l'impression alors d'être loin, très loin.
Et cette distance est, du coup, rendue plus grande encore ...
Ou en tous cas c'est ainsi que je le ressens.
Un problème d'élasticité du coeur ?
U problème de curseur du mental ?
Un problème de dosage des sentiments certainement ...
C'est douloureux.
C'est emmerdant.
Parce qu'après je ne sais plus quoi faire.
Je ne sais plus comment me comporter.
Je me doute bien qu'il faut que j'avance.
Mais dis-moi, dis-moi, pour avancer sans être ni trop proche ni trop loin des autres, dis moi, on fait comment ?

samedi 4 octobre 2014

Elle est là et elle gronde ...


Depuis quelques jours je la sens monter en moi.
Sournoise, elle se présente d'abord comme une légère irritation.
Puis elle augmente et devient une somme de petites contrariétés.
Elle enfle, et j'ai soudain l'impression que le monde entier me pousse à la laisser exploser.
Ceux qui te disent "j'ai pensé à toi pour ce projet" et dont tu n'entends plus parler.
Ceux qui te disent "bien sûr que je vais t'appeler" et ne le font jamais.
Ceux qui te disent "tu peux compter sur moi" et qui te plantent quand tu as besoin d'aide.
Ceux qui te disent "oh j'aimerais tant qu'on se voit" mais ne te proposent jamais de les retrouver.
Ceux qui te disent "non mais bien sûr tu as raison mais moi à ta place voilà ce que je ferais".
Et, surtout, par dessus tout, ceux qui te remettent entre les pattes tes difficultés.
Ils sont tous bien intentionnés.
Ils sont tous plein d'affection ou d'amitié.
Ils sont tous en train d'agir de bonne volonté.
Disent ils.
Et c'est peut être, et c'est sans doute, de leur point de vue, tout à fait vrai.
Mais moi, en face, je me prends tout de plein fouet.
Et ça réactive de façon terrifiante toutes les blessures de mon passé.
Et je voudrais crier.
Je voudrais rugir.
Je voudrais hurler.
Je voudrais qu'on me traite avec respect.
Je voudrais qu'on arrête de m'oublier.
Je voudrais ne pas être la cinquième roue du carrosse.
Je voudrais ne pas être la chaussette oubliée derrière un radiateur.
Mais il faut croire que quelque chose en moi autorise ça.
Ou l'attire.
Ou le laisse arriver.
Comme lorsque j'étais enfant.
Comme pour tout ce que j'ai dans ma vie subi et / ou accepté.
De ma mère.
De mon père.
Des marâtres.
Des employeurs.
Des amis plus ou moins vrais.
Des relations plus ou moins virtuelles.
Je crois que j'ai tant voulu qu'on m'aime que je me suis toujours présentée comme la fille gentille et toujours bienveillante à qui on peut tout dire, tout faire, qui peut tout accepter par amour ou par amitié.
Mais je ne veux plus de ça.
Je ne veux plus qu'on me marche sur les pieds.
Je ne veux plus me sentir abandonnée.
Je ne veux plus me sentir trahie.
Je ne veux plus me sentir humiliée.
Je ne veux plus me sentir manipulée.
Aujourd'hui, ça ne marche plus.
La colère est là, bien là.
Elle gronde en moi.
Et elle semble prête à me faire exploser.
Il va falloir la canaliser.
Et il va falloir travailler sur moi.
Parce que je ne sais, je ne le sais que trop bien.
Ce ne sont pas les autres qui vont changer.
Ce ne sont pas les autres qui doivent changer.
C'est à moi.
A moi de poser les limites.
A moi de formuler mes souhaits.
A moi de dire ce que je ressens, quitte à en être moins aimée.
Maintenant, aujourd'hui, à l'avenir, je l'ai compris et il va falloir l'appliquer.
Maintenant, aujourd'hui, à l'avenir, c'est à moi de jouer.

jeudi 2 octobre 2014

Octobre rose ... et tempête rose !





Alors voilà.
C'est l'histoire d'une fille qui un jour ouvre un blog, pour parler de ce qu'elle a sur le coeur.
Pour soulever les tapis, sortir les cadavres du placard, crever les abcès, briser les non dits.
C'est l'histoire d'une fille, d'une femme, qui a eu peur, vraiment peur de faire tout ça au début.
Mais qui en a ressenti le besoin.
Le besoin de se mettre à nu.
Pour parler d'elle, sincèrement et profondément.
Pour être elle-même, tout aussi intensément.
Par les mots, par les souvenirs, par les photos quelquefois, cette femme-là s'est dévoilée plus qu'elle ne l'avait jamais fait.
Parce que c'était le moment, le bon moment.
Parce qu'il fallait le faire.
Et un jour cette femme là en a croisé une autre, en tous cas virtuellement, qui lui a lancé un superbe défi.
L'an dernier, dans le cadre de la campagne Octobre Rose visant à promouvoir le dépistage du cancer du sein, elle a proposé aux femmes qui le voulaient de montrer leurs seins.
Et de créer ainsi une mosaïque de seins, ceux épargnés comme ceux touchés par la maladie.
Pour inciter toutes les autres à montrer leurs seins, elles aussi, et à faire un dépistage ou une mammographie.
L'an dernier, j'ai trouvé le projet courageux, très courageux même, mais je n'ai pas osé.
Je suis restée là, à venir admirer tous les jours le nombre d'inscrites augmenter.
J'ai pensé aussi, j'ai pensé surtout, au courage de toutes les femmes, mères, filles, soeurs, touchées par cette terrible maladie.
J'ai eu honte un peu je dois l'avouer.
Honte de mon manque de courage à moi, alors qu'elles affrontaient le pire.
Mais c'était trop tard.
Je n'avais pas participé, je n'avais pas osé.
Alors, quand cette année Armelle a décidé de relancer son opération, j'y ai repensé.
J'ai pensé à celles qui, aujourd'hui, autour de moi, sont en lutte.
Des femmes que j'aime, des femmes que j'admire, des femmes pour qui j'ai peur même si je ne dois surtout pas leur dire ...
Et il ne m'a pas paru possible de refuser.
Alors cette année, j'ai agi.
J'ai fait comme 171 autres femmes.
J'ai pris en photo mes seins.
Pas ma (petite) poitrine dans une pose sexy.
Mes seins.
Ceux qui nourrissent les enfants.
Ceux qui me font femme aussi.
Oui je les ai pris en photo.
Ca n'a pas été facile.
J'étais gênée.
Je n'ai pas l'habitude je te rassure (ou pas).
Et puis je ne les trouve pas forcément très jolis.
Mais je les ai immortalisés.
Puis je les ai montrés.
A Armelle, et à tout le monde aujourd'hui.
Et maintenant, comme 171 autres, je vois mes seins sur cette affiche.
J'imagine les sourires plus ou moins bienveillants, j'imagine les remarques, les petites blagues en douce au café ou au dîner : "putain t'as vu elles ont montré leurs seins elles sont quand même un peu dingues / exhib / débiles / impudiques / sexuelles / connes / impudiques (rayer la mention inutile).
J'imagine tout cela et je suis presque sûre que tout ça sera dit.
Mais si quelque part, en voyant cette mosaïque, une femme, une seule femme au moins, se décide à prendre rendez-vous pour se faire examiner par son médecin et, au besoin, passer une mammographie ... alors on aura eu raison.
Toi qui me lis, je voudrais t'adresser ce message aujourd'hui.
Si tu es une femme, fais le.
Appelle ton gynéco, fais le point avec lui, vois ce qui doit être fait, et ... fais le !
Si tu es un homme, fais le aussi, à ta manière.
Parles-en à ta femme, à ta soeur, à ta mère, à tes amies.
Dis leur de faire le nécessaire.
Dis leur que ce n'est pas une fatalité.
Dis leur que plus on repousse le moment, plus on prend de risque.
Dis leur que la vie est trop belle, bien trop belle, pour prendre ce risque.
Dis leur, il faut leur dire, aujourd'hui.
Et puis, tant que tu y es, dis leur que tu les aimes.
Même si elles le savent déjà, ça leur fera du bien que tu leur dises ...

Crédit photo : Armelle http://www.blondeparesseuse.com
A toi qui a eu le courage de lancer ce défi, une nouvelle fois, bravo ... et merci !

mardi 30 septembre 2014

Il est temps ...



Il est temps.
Il est grand temps maintenant.
Grand temps de ....
Rire à gorge déployée.
Etre soi même.
Avec soi même.
Avec les autres.
Dire qui l'on est.
Dire ce que l'on pense.
Dire ce que l'on ressent.
Sans honte.
Sans crainte.
Sans ambages et sans faux semblants.
Avancer.
Ne plus avoir peur.
Ne plus se retenir.
Ne plus se mentir.
Ne plus s'étioler, à force de masques et de regrets.
Etre soi même.
Envers et contre tous.
Envers et contre soi.
Et puis peut être, un jour, en vers et avec soi.
Avancer.
Oui.
Devenir libre.
Vraiment.
Etre sincère.
Absolument.
Résolument.
Tant pis quand ça grince.
Tant pis si ça dérange.
Tant pis si ça bouscule les idées qu'on avait sur toi.
Tant pis si ça ternit l'image qu'on avait de toi.
Avancer.
Ouvrir un à un les chakras.
Une à une les portes.
Du monde.
De ton coeur.
Laisser entrer la lumière.
Partout.
Tout le temps.
Même la lumière grise.
Même celle qui fait des ombres.
Même celle dont on a peur, trop faible, ou trop vive au contraire.
Avancer.
C'est finalement le seul mot d'ordre.
Avec un autre malgré tout.
Avec un autre au dessus de tout.
AIMER ...

mercredi 24 septembre 2014

Les vacances en solo c'est "paddle la tarte", ou Bob Richard à la mer ...


La rentrée scolaire c'est un peu le moment phare de l'année pour ceux qui ont des enfants.
En fait, pour être exacte, il y a deux mois totalement dingues dès que tu as des mômes : juin, où on te colle toutes les fêtes de l'école, la crèche, la musique, la danse, le judo, le théâtre, les NAP, les TAP, (raye la mention inutile), et septembre, où tu dois justement mettre en place toutes les inscriptions qui te conduiront ... à détester juin ! Et c'est formidable, la boucle est bouclée.
Tous les ans, on frise l'ulcère, et encore moi je n'ai que deux enfants, j'ose pas imaginer la gestion de dingue qu'il faut se fader dans les grosses fratries ...
Alors cette année, quand ma copine M. m'a appelée pour me faire la proposition de ma vie (j'exagère à peine tu commences à me connaître), j'ai bondi de mon siège !
Elle, elle a tout compris.
Tous les ans, elle part juste après la semaine de la rentrée une semaine sur l'Ile de Ré, faire du surf, sans mec et sans minots !
Le-truc-de-dingue !
Et cette année, elle m'a proposé de m'emmener.
J'ai fait semblant d'hésiter deux secondes.
Et puis j'ai sorti mon cerveau de sa boîte pour trouver une organisation tellement béton que mon mec ne pourrait pas décemment refuser de me laisser partir ...
Le projet ensuite était simple : on partait en bagnole toutes les deux, et sur place, on retrouvait un prof de surf qui nous drivait toute la semaine.
Oui tu vas me dire : "Putain du surf quand même ? Je te voyais pas faire ça".
Moi non plus à vrai dire.
J'en ai fait déjà, si si je te jure.
J'en ai fait pour être précise il y a quelques années, un stage de deux heures par jour dans les Charentes, dont je garde l'impression d'un cycle long avec prélavage.
(Je veux dire par là que j'étais comme dans un tambour de machine à laver, et que j'ai bu environ mon poids en eau de mer en trois jours).
Et tout ça pour rester 12 secondes sur la planche et me laisser, à chaque fois, emporter par mon cul (les lois de l'attraction ont toujours eu raison de moi ces salopes).
Bref, j'ai kiffé il est vrai, mais je reconnais quand même que c'est un sport assez ingrat.
Ceci dit, la perspective d'avoir une semaine de vraies vacances, totalement égoïstes (donc sympas), les premières depuis .... hé ben 13 ans quand même, m'ont convaincue que j'étais sans nul doute une championne de surf !
Je lui ai donc glissé que j'étais la candidate idéale.
J'ai omis (pas tout à fait volontairement, nooooooon) de préciser que j'avais peur de tomber, que je ne pouvais même pas mettre ma tête sous l'eau sans boucher mon nez (oui, un peu comme une enfant de 5 ans), et que je ne nageais que la brasse (coulée éventuellement, pour faire style genre).
Elle m'a trouvée formidable.
Elle a dit oui, j'ai dit oui.
Et on est donc parties.
Thelma et Louise.
Enfin Thella et Mouise (et je ne faisais pas Thella bien entendu).
Arrivées sur l'ile de Ré, on a été accueillies par ce constat sauvage et brutal : il n'y avait ... pas de vagues.
Mais genre zéro quoi.
Alors certes, les amateurs de surf vont se marrer et me dire que, de toutes façons, l'île de Ré c'est pas vraiment connu pour être le meilleur spot pour la glisse.
Mais justement, pour moi qui débutait, ça semblait parfait.
Seulement voilà.
Pas de vagues, pas de surf.
Pas de surf, pas de vacances ?
Oh que non, on n'allait pas se laisser abattre comme ça !
On a donc rapidement opté pour le plan B : le paddle.
Le paddle c'est super chouette, même quand il n'y a pas de vagues : tu te déplaces sur cette grande planche en pagayant debout, Estelle Hallyday fait ça très bien apparemment, moi j'étais moins gracieuse mais on s'en foutait un peu étant donné qu'il n'y avait que des retraités sur la plage et que donc choper n'était même pas envisageable (oh ça va je décooooonne).
On a testé le paddle le jour même de notre arrivée et je ne suis tombée que deux fois, en plus à des endroits où j'avais pied.
C'était indiscutablement le paradis.
Toute la semaine qui a suivi, on était malgré tout en étroit contact avec le prof de surf pour savoir s'il y avait assez de vague (au moins une donc) pour tenter une sortie.
Toute la semaine, ma copine M. a mis des cierges à Sainte Rita pour que la mer se décolle un peu le cul et donne autre chose que du clapotis de merde.
Toute la semaine, j'ai soufflé sur ses cierges en priant pour que ça continue comme ça et que je n'aie pas à refaire un cycle "synthétique sans prélavage" ...
Et c'est moi qui ai gagné ;) !
Du coup, on a eu plein de temps pour faire du paddle.
Dès le deuxième jour, elle m'a dit qu'un ami allait nous rejoindre et qu'il pourrait nous apprendre plein de choses.
En effet, le fameux E. vit sur l'île de Ré où il est saunier (c'est à dire qu'il récolte le sel) depuis 30 piges, il était prof de planche à voile et de surf, et accessoirement il navigue sur un paddle depuis que j'ai appris à marcher à peu près.
Je l'attendais donc un peu comme le Messie, comme celui qui allait faire de moi une pro de la pagaie.
(et ça m'aurait changée moi qui suis une pro de la pagaille mouarf mouarf mouarf)(pardon pour le niveau de la vanne)
Lorsqu'il est arrivé, j'ai eu heu ... un choc.
Certes, E. est baraqué, bronzé, souriant, il approche gentiment de la cinquantaine, il a un humour de dingue et une grande culture.
Il est presque parfait en fait.
Il y a juste comment dire ?
Ce léger, ce menu, cet insignifiant petit détail qui m'a un peu déstabilisée : E. a une façon de se vêtir (ou de se dévêtir devrais-je dire) assez atypique.
Le premier jour, il est apparu tel que tu le vois sur la photo : un shorty en lamé or zébré, une vieille ceinture rouge dans laquelle il glisse sa canne à pêche, son paddle au bout du bras, prêt à partir pour des heures sur l'eau.
Tu vas me dire que son look est assez marqué.
Tu auras à la fois raison et tort.
Car les jours suivants, il a repoussé à chaque fois les limites.
On a eu, au jour 2, le shorty en lamé argent.
Pas mal.
Mais moins surprenant.
Je commençais presque à douter de sa réputation dont on avait écho en écoutant les blas-blas sur la plage.
Le jour 3, j'ai quand même été contrainte de fermer ma bouche à son arrivée.
Il arborait un superbe string noir.
Comme il pagaie beaucoup plus vite que moi, j'ai donc eu une vue sur ses fesses durant les deux heures qu'a duré la promenade.
Mais pourquoi tu es restée derrière me demanderas-tu ?
Hé bien je vais t'expliquer : c'était encore plus space de face.
Parce que le string, figure-toi, était affublé d'une fermeture éclair.
Oui, tu visualises bien : un string, donc les fesses à l'air vu de dos, et un zip prêt à laisser sortir son attirail vu de face.
La grande classe.
Evidemment, tout ça le fait beaucoup rire, il est à fond dans la provoc et se régale de la tronche en biais des "gens comme il faut" qu'il croise sur la plage.
Moi je me bidonnais, et avec ma copine M., on pariait pour savoir si il pouvait encore élever le niveau, déjà assez high quand même.
Il a réussi je dois l'admettre.
Le jour 4, après un set de paddle, il a posé sa planche dans le sable pour aller se baigner.
On était déjà dans l'eau avec M., on papotait gentiment en regardant si on ne voyait pas de méduses s'approcher de nos cuisses de nymphes (notre hantise)(les méduses hein, pas nos cuisses).
Quand on a commencé à entendre sa voix, on a tourné la tête vers lui et on l'a vu entrer dans l'eau.
A poil.
Pas en shorty lamé, pas un string zippé, non.
A POIL.
Et là, il s'est approché et a commencé à nous faire la conversation, le plus simplement et le plus naturellement du monde.
Ca a duré environ 30 minutes.
Trente minutes sur lesquelles j'en ai passé au moins 29 à me répéter mentalement cet incroyable mantra : "surtout ne baisse pas les yeux ne regarde pas sa bite, surtout ne baisse pas les yeux ne regarde pas sa bite, surtout ne baisse pas les yeux ne regarde pas sa bite !".
Un vrai travail bouddhiste.
Du coup, toute la semaine, on n'a presque parlé que de ça : avant la plage, après la plage, on avait toujours un commentaire ou un pari à faire, franchement il nous a régalées, c'était trop sympa de sa part !
Je garde par exemple un souvenir ému de cette soirée où il nous a emmenées récolter de la fleur de sel dans son marais, et où je l'ai donc suivi, tandis qu'il se tenait accroupi en string devant la succession de bassins où il testait le profondeur de l'eau ...
J'ai rarement autant ri de ma vie !
Rarement rencontré quelqu'un d'aussi généreux aussi : intéressant, sympa, open minded ...
Finalement un bonheur ce mec-là.
Honnêtement je ne pouvais pas ne pas écrire sur lui, parce que tous les jours, j'avais cette réplique en tête, que je voulais pouvoir écrire pour toi : "Tu t'mets toujours à poil pour citer Saint-John Perse ?".
Toute ma semaine, je n'ai pensé qu'à ça.
Mais il y a autre chose en fait.
Tu te poses sûrement la question je le sais.
Ne fais pas semblant avec moi va.
Rhaaa tu brûles que je te le dises n'est ce pas ?
Si je n'ai tenu que 29 mn sur les 30, est-ce que j'ai baissé les yeux, hein c'est ça ???
Hé bien ... oui !
J'ai craqué.
Et ce que j'ai vu m'a déroutée figure-toi.
Le gars n'avait aucune trace de démarcation du maillot.
Au-cu-ne.
Ni derrière, ni sur les côtés .... ni devant !
Du coup, je n'ai pas pu résister.
Je l'ai rebaptisé.
Comment je l'ai appelé ?
Réfléchis.
Non, pas bite-en-bois voyons !
Je voulais trouver pour lui un nom à sa mesure, un nom de rebelle, un nom de chef indien ...
Et ça m'est venu, ce soir-là, dans le marais, en le voyant récolter la fleur de sel au soleil couchant.
Tu ne trouves pas ?
Tu ne devines pas ?
Moi en le regardant je ne pensais finalement plus qu'à ça !
"La raie dorée de l'île de Ré" !
C'était parfait, c'était magique, c'était ... impeccable !
Nul doute que je ne pourrai pas l'oublier, mais du coup, avec ce surnom, je pense que lui aussi se souviendra de moi ;) !

lundi 22 septembre 2014

Ca fait 22 ans aujourd'hui ...


Ca fait 22 ans qu'elle est morte.
J'ai réalisé ça tout à l'heure.
La journée se traînait, sans grande énergie, mais sans mélancolie.
Une journée comme une autre.
J'avais oublié.
Oublié quel jour on était.
J'ai eu le déclic en pensant à une belle date : l'anniversaire de ma copine Roca, née un 22 septembre.
Et puis, comme un miroir dans mon inconscient, est revenue la date moins aimée évidemment.
Le 22 septembre 1992.
C'est ce jour là qu'elle s'est éteinte.
J'ai rapidement calculé mentalement.
Le chiffre m'a frappée symboliquement.
Et j'ai eu envie, soudain, de revoir les photos.
Celles de mon enfance.
Les quelques photos, un album par enfant, qui ont échappé au désastre de notre vie de famille, aux drames multiples et aux nombreux déménagements ...
Et puis je ne les ai pas trouvées.
J'ai manqué d'air soudainement.
Si je les avais perdues !
Si je ne les trouvais plus ?
J'ai si peu de photos d'elle, si peu de photos d'elle et moi ...
J'ai retourné la maison et j'ai poussé un ouf de soulagement.
Les albums étaient dans le grenier.
Bien abîmés, mais toujours là.
Je suis descendue, et puis j'ai ouvert.
Et, en même temps que je tournais les pages jaunies, j'ai senti que s'ouvraient les vannes.
Je n'ai pas su quoi faire de ça.
Pas su comment calmer mes larmes.
Alors je me suis assise devant l'ordinateur et je suis venue me réfugier ici, chez moi.
Et je suis là maintenant, à nu, devant toi.
Tu ne me vois pas mais tu sais.
Si tu l'as déjà vécu tu sais.
Tu sais l'enclume sur le coeur et le corps.
Tu sais les sanglots, les hoquets, l'eau salée plein les joues.
L'envie de te rouler en boule.
L'envie de disparaître, de ne plus être toi.
L'envie de tout oublier, pour ne plus ressentir cette douleur dans le thorax.
Si tu l'as vécu aussi, tu ne sais que trop bien tout ça.
Si tu ne l'as pas vécu, profite, profite à fond de ce que tu as.
Parce qu'après ...
Après c'est fini.
Après c'est trop tard.
Après tu n'as plus que quelques photos cornées, et des larmes qui coulent lentement sur tes joues pendant que tes doigts s'agitent sur le clavier.
Des larmes qui brouillent ta vue.
Qui brouillent cette image.
Celle du bonheur, ou celle qui y ressemble en tous cas.
Je suis si petite dans ses bras, et mon frère si beau.
Elle, elle a ce sourire.
Ce sourire incroyable.
Et elle me serre contre elle.
Elle me serre fort dans ses bras.
Et soudain je crois que je pourrais tout donner, tout pour la sentir me serrer encore une fois.
Et je pleure ce manque là.
Je pleure comme une enfant.
Je pleure comme si c'était survenu hier.
Je pleure comme j'ai pleuré la première fois.
Ca fait 22 ans qu'elle est morte.
Et tu vois, certains jours, je crois que je ne m'y habitue pas.