lundi 7 juillet 2014
Une (ou deux) poule(s) sur un mur, qui picotai(en)t ... du mojito !
***
Mais dis donc il faut que je te raconte !
J'ai une jumelle !
Dieu (lui ou quelqu'un d'autre qui avait pris de la coke peut être, en tous cas quelqu'un d'un peu défoncé sans nul doute) dans sa grande bonté, me l'a envoyée il y a quelques années (elle dit 4, je dis 2, donc ça doit faire 3 ans logiquement).
Je l'ai rencontrée en allant traîner mes guêtres sur son merveilleux blog 365 pics et plus.
Je lui laissais des commentaires débiles, très Pierre Richard Style, et elle kiffait puisqu'elle est ... comme moi !
(ben c'est un peu le principe des jumelles t'as raison ok)
(même des jumelles maléfiques)
(et par exemple cette manie des parenthèses c'est chez elle que je l'ai chopée)
Donc, joie, bonheur, petits poneys dans le ciel, j'ai une jumelle !
Et de temps en temps, elle monte à Paname et on essaie de se voir.
La dernière fois, il ne s'était pas passé grand chose à part que j'avais failli la tuer et qu'elle m'en reparle à chaque fois (Bob Richard et la fête d'anniversaire) ...
Cette fois, elle montait pour 2 jours de taf avec une collègue.
Quinze jours avant, elle me contacte et me demande de choisir entre les deux soirées qu'elle a sur place.
"Je prends le mercredi soir, le 2 juillet", je réponds.
"Je pourrai pas être là avant 19h" je précise.
Elle valide, et puis on ne se parle plus trop.
Jusqu'à ce fameux mercredi soir.
Je monte dans le train après avoir largué mes loulous au bb sitter, mon mec n'étant pas encore rentré du taf (ma vie passionnante tu l'as voulue tu l'as eue ;)).
Assise dans mon wagon, j'envoie un petit sms à mon Evil Twin.
"Coucou, je serai Gare de Lyon à 19.15, je te retrouve où mon bichon ?"
Elle me répond qu'elle cherche un endroit sympa, qu'elle va demander à droite à gauche, et surtout à Huggy les Bons tuyaux, qu'elle va voir tout ça, et qu'elle me recontacte.
Bon ... mais mon train continue d'avancer, et elle ne me recontacte pas.
Je commence à trouver ça un peu vaseux.
Je la relance : "Heu ... J'arrive dans 15 mn, je vais où après ???".
Et là, coup de fil.
"Dis donc, c'est Roca, mais c'est demain qu'on se voit tu t'es encore plantée ou quoi ?!!!"
Elle se bidonne.
Là, je te vois déjà glousser et surfer sur ma mythologie personnelle.
Ce serait pas chic de ta part.
Même si je te comprends.
Mais il faut tenir compte d'une paille, d'une pécadille, d'un insignifiant petit détail ...
Elle est, je te l'ai dit, ma jumelle !
Et même ma jumelle maléfique.
De sorte que, après vérification, elle m'a avoué que c'était elle qui avait merdé et qu'on avait bien rdv ce soir là ! Mais qu'elle visualisait le lendemain ... Le même cerveau de poule j'te dis !!
Je finis donc par arriver en Gare de Lyon, et elle me dit de la rejoindre dans le 11ème, près de l'hôtel où elle créchait.
Je traînouille à la recherche d'un plan de métro.
Et je reçois un sms de mon mec.
"Sympa ton pantalon de costard avec les talons et le tee shirt blanc léger !".
Ah ben merde alors !
Mais comment ???
Je regarde mon téléphone.
Je regarde autour de moi.
Personne.
Ni dans mon téléphone ni autour !
Je fais ma désormais célèbre "tête de poule qui a trouvé une clé à mollette".
Bizarrement ça ne m'aide pas du tout et je n'y comprends toujours rien.
Il a eu pitié et m'a envoyé la Révélation (mon mec hein, pas Dieu, lui a il a renoncé depuis longtemps je pense !)
En fait, c'était tout con : mon Big Brother était dans un train au départ quand je suis sortie du mien !
On a des vies trop kiffantes non ?!?
Non ??
Non t'as raison c'est complètement con, et puis toi tu veux savoir où je suis allée finalement, je te comprends ...
Hé ben je me suis mise en route vers le métro pour aller vers Voltaire, tu sais, près de son hôtel.
Mais j'avais pas fait 3 pas que mon téléphone a sonné.
"C'est Roca, en fait ne viens pas, vas plutôt directement au Musée de la Mode et du Design c'est tout près de la Gare de Lyon et il y a un super bar qui s'appelle Wanderlust !".
Je pars donc vers Bercy.
Je commence à marcher sous le caniar avec mes talons (sur les pavés c'est le pied, ma personnelle version de sous les pavés la plage, mouarf !).
Il fait hyper beau, je suis jeune et jolie (enfin je me SENS jeune et jolie steuplé c'est déjà pas si mal), le monde entier m'appartient !
J'ai mis ce pantalon de costume d'homme dont je suis folle (le pantalon, pas l'homme, attention pas de polémique stp car il n'est pas à moi tu sais (l'homme, pas le pantalon, mais enfin essaie de suivre s'il te plaît !)).
C'est pantalon de tailleur sur mesure, en laine d'été, super fluide, super canon.
Je le surkiffe.
Mais je commence à sentir des gouttes dégouliner le long de mes mollets quand même ...
En fait la laine d'été, quand même, ça reste un peu de la laine, donc un peu chaud pour le plein été et je commence gentiment à me liquéfier jusque dans mes chaussures.
C'est pas grave, je suis toujours presque jeune, presque jolie, presque pas en sueur, le quartier m'appartient !
Je continue à marcher mais, as usual, se présente rapidement un problème.
Quelle direction ?
Il est où ce putain de Musée de la Mode et du Design ???
Je décide que je suis une femme moderne et autonome, et je me mets sur l'appli Mappy.
Rapidement, je ne comprends plus rien, car la petite flèche blueue (aka moi) se déplace, mais jamais dans le sens de l'itinéraire conseillé.
Pourtant un enfant de 7 ans pourrait y arriver.
Mais moi je sais pas, ça le fait pas.
Je m'énerve, je ronchonne, je me sens con comme une poule et j'arrive à rien avec cette appli, il faut se l'avouer.
Je recours donc à la bonne vieille méthode du "demande donc ton chemin".
J'adore cette méthode.
Surtout à Paname où les gens sursautent à moitié quand tu leur dis simplement "bonjour" !
Bref, après avoir marché 20 bonnes minutes, j'arrive sur les quais de Seine et je commence à descendre pour atteindre les docks.
Ca pourrait être canon si je ne devais pas surveiller mes pieds pour éviter les bouts de tessons qui jonchent les pavés ...
Je continue quand même et je cherche, cherche, cherche où peut être ce bâtiment.
Je finis par me décourager un peu et par m'assoir sur un banc 5 minutes sans toi (et regarder les gens tant qu'y en a).
Ca sonne.
"C'est Roca on est dans le taxi, en fait Wanderlust il paraît que c'est tout pourri on va pas y aller, on se rejoint sur les quais et tu cherches un endroit sympa en nous attendant ok ?".
Je regarde autour de moi.
Y a pas grand chose à part mes tessons.
Un endroit sympa implique apparemment de marcher encore looooongtemps, et mes pieds sont de moins en moins d'accord.
Je décide en mon for intérieur que moi aussi je veux poser mon cul dans un taxi pour réfléchir (climatisé de préférence d'ailleurs).
Donc il faut que je retrouve la rue.
Donc il faut que je quitte les quais.
Donc il faut que je remonte vers le ventre de Paris.
Mais je trouve pas, je suis paumée, tout a l'air d'un hangar désaffecté et j'en suis à espérer que la nuit ne tombe pas trop vite quand je vois ... un escalier !
Un escalier qui monte s'il te plait !
(je m'en fous qu'il descende aussi moi je veux sortir et la terre avec les voitures et les copines assises dedans, tout ça est en haut, loin au dessus des quais ...
En haut de cet escalier, c'est comme une oasis après mon désert : finis les tessons, bonjour les bouteilles !
J'ai atterri dans un open bar hyper sympa, immenses terrasses longeant la Seine, jeunes gens souriants, bouteilles de bière fraîche, petits bancs Fermob, petit vent frais qui te rafraichit les poteaux qui te servent de jambes ...
Franchement pas mal !
J'essaie de ne pas perdre de vue mon objectif (la rue, le taxi, la Roca), et je finis même par trouver le moyen de rejoindre la civilisation.
Je me pose sur le trottoir et je donne ma position à ma pote.
Lorsqu'elles sortent du taxi, je leur dis que j'ai trouvé un endroit super sympa pour nous poser, "Venez voir c'est tout chouette, l'entrée et là et ça s'appelle ... Oh ben Wanderlust dis donc !!"
Hin hin hin.
Tu t'attends à ce que ce soit la cata du coup hein ?
Je t'ai rendu(e) mauvais(e) c'est fou ;) !
Hé bien non, pas de cata !
Des seaux de mojitos frais.
Des sandwichs tellement énormes que tu penses que seule Tabatha Cash pourrait se les enfiler (pardon c'est sale).
Des petits jeunes partout (bon j'ai pris un coup de vieux et niveau sensation de puissance j'admets qu'e ce n'est peut être pas le monde qui m'appartient, mais juste l'immeuble, mais je kiffe quand même le moment !).
Et puis je dois dire que la nuit qui tombe sur la Seine, quand tu as un peu bu et que tu te bidonnes avec des copines, ça l'effectue bien quand même !
Je n'aurai eu qu'un seul (grand) moment de solitude.
Celui où j'ai dû me rendre aux toilettes.
(D'ailleurs je réalise que ma pote est restée 4 heures à picoler sans y aller, il va falloir sur je lui demande son secret, que je la sonde (mouarf !!!)).
Pour les toilettes c'est pas compliqué : une petite cahute, deux côtés (hommes, avec un chiotte qui ferme et des pissotières, femmes avec 2 chiottes qui ferment).
Bon les portes ne fermaient pas à clé, mais c'est pas grave, ambiance collège "tu peux me tenir la porte steuplé ?", ça nous donne un coup de jeune c'est pas plus mal.
Le problème, c'est que comme toujours, y a 20 mn d'attente pour aller pisser côté girls, et 2 pour aller côté boys.
Et donc toujours des courageuses pour aller côté boys en se disant qu'elles ne vont pas en mourir de passer devant des mecs occupés à la pissotière.
J'aurais été du genre comme ça, mais ce soir je sais pas, peut être le fait qu'ils soient tous si jeunes, que je me sente un peu comme une intruse (j'ai pas un sous tif noir sous un débardeur plus échancré que la culotte de Madonna, j'ai pas du rouge sang sur les lèvres, j'ai pas un slim qui me scie l'arrière gorge), hé ben j'ose pas.
J'attends sagement.
En observant.
Mais quelques mètres derrière moi y a une fille qui, avec un grand sourire, me dit "allez y y a de la place chez les mecs".
Elle a dû avoir l'impression de faire une action boy scout, genre "j'ai indiqué le chemin à la petite vieille qui traînait dans les toilettes".
Et moi je me suis trouvée con et j'ai dit "OK merci" au lieu de "Ta gueule merci".
C'est ballot.
Je me suis donc avancée dans l'espace réservé aux mâles, et j'ai amèrement regretté.
Il fallait évidemment passer devant les pissotières.
En soi j'aurais pu m'en remettre hein.
Mais e mec qui tenait sa bite dans la main gauche, et son tel dans la main droite, franchement je m'en suis pas remise !
Je ne saurais donc pas te dire ce qu'il faisait ...
Une photo ? Un film ? Un documentaire peut être ?
Ou un face time ???
J'ai pas épilogué, j'ai arrêté immédiatement de regarder, j'ai posé une barrière mentale dans ma tête et je suis allée pisser ...
Quand je suis ressortie il n'était plus là, heureusement !
Et je n'ai pu qu'apprécier le reste de la soirée, qui a été parfaite, à un détail près ...
Le retour.
Car quand je suis sortie de ce bar, j'ai à nouveau demandé mon chemin pour retourner choper un train Gare de Lyon.
Je m'attendais à marcher encore des plombes.
Et en 5 mn, j'étais arrivée.
C'est con hein ?
En fait, j'étais tout près !
Du bar, je pouvais même distinguer Big Ben !
Hé ben tu sais ce que j'ai fait ?
J'ai fait comme si de rien n'était, j'ai marché paisiblement mes 5 minutes, en tentant d'ignorer le jeune homme qui me parlait à coups de "Madame vous allez vers la Gare ?" comme si j'avais 75 ans ...
Le monde, l'immeuble, peut être pas c'est vrai.
Mais je peux t'assurer que mon corps et mon esprit (embrumé) m'appartenaient, et qu'eux et moi, avec les deux Caros, on avait passé une super soirée !!
*** Crédit photo : Roca ma Morue
Cadeau bonus : l'analyse du cliché
- Narines d'Elliott le dragon : check !
- Tête de poulet mort : check !
- Yeux globuleux qui louchent : check !
Le fou rire vous est offert par la maison, en vous remerciant ;) !
mercredi 18 juin 2014
Mon meilleur EDNI ...
La salle était austère, murs beigeasses, néons au plafond.
Comme dans tous les collèges que j'ai pu fréquenter en fait.
Des tables plus ou moins propres, graffitis sur le dessus, chewing gums sur le dessous.
Des fenêtres carrées, barres en alu, rideaux fanés marrons ou orange.
Quelques personnes assises autour de ces tables.
Concentrées.
Pressées.
Un peu fermées à vrai dire.
Mon ressenti rapide sur la situation.
Mes mains moites.
Mon petit cahier à spirales, petits carreaux stylo plume Lamy de mon cœur qui glisse sur le papier Clairefontaine (le stylo, pas mon cœur).
Personne ne sourit.
Personne ne me regarde.
Personne ne se regarde.
Un bilan de trimestre pour la classe entière, rapide, sec.
Et on enchaîne.
il est le premier de la liste indiscutablement.
Le premier de la classe, pas tout à fait mais presque.
Je m'attends à du bon.
Je devrais pas.
Le coup de massue.
J'étais pas prête.
On attendait un encouragement.
Les notes étaient meilleures dans presque toutes les matières.
Le global était plus que bon.
15.9 de moyenne générale en fin de 5ème.
J'étais fière.
J'aurais pas dû peut être ...
Elle a ouvert sa bouche pincée.
Elle a laminé tous ces efforts.
Tous ses efforts.
A souligné tout ce qui ne lui plaisait pas encore.
A rappelé l'ordre.
Les ordres.
La place.
Les places.
Savoir la prendre.
Savoir y rester surtout ...
Sèchement.
En 15 secondes.
Expédié.
Passé au suivant.
Rien.
Il n'aura rien.
Pas de compliments.
Pas de félicitations.
Que des rappels de ce qui ne va encore pas.
Et hop on passe au suivant.
Et on enchaîne, on enchaîne, on enchaîne.
Même pas le temps d'ouvrir la bouche.
Même pas le temps de demander.
Même pas le temps d'expliquer.
Et rester ainsi tétanisée, le cœur au bord des lèvres, pendant l'évaluation des 26 suivants.
Avoir envie de crier.
Crier à l'intérieur.
STOP !
Mais stop bordel est ce qu'on peut en parler au moins ?
En reparler ?
Est ce qu'on peut s'arrêter et prendre un tout petit peu de temps aussi pour cet EDNI ?
Pour mon EDNI ?
On en prend bien pour tous les autres !
Oui, c'est un Enfant Différent Non Identifié.
Il est différent.
Il dérange.
Il gêne.
Il fait un peu chier même parfois.
Il n'a pas les implicites d'un élève "normal".
Il remet tout en question.
Toi, moi, les profs, le système.
Il questionne tout.
Il prend toute la place parfois.
Oui.
Je ne le nie pas.
Je ne le cautionne pas.
Je l'observe, c'est tout.
Et je le comprends tellement bien.
Je suis comme lui.
Ou il est comme moi.
Des PEDNI, voilà ce qu'on est.
Personnes Différentes Non Identifiées.
On rentre difficilement dans les cases.
Et on dérange.
Je sais.
Je ne le sais même que trop bien.
Pourtant je te jure qu'il essaie.
Pourtant je te jure qu'on essaie.
De se fondre dans le moule.
De s'adapter.
Au autres.
Au monde.
Aux règles.
Alors qu'on se prend tout en pleine gueule.
Avec notre hypersensibilité de merde.
Avec notre hyperintuitivité de merde.
Avec notre différence de merde.
Il se sent incompris.
De tout le monde.
Il a tort.
Moi je ne comprends que trop bien ce sentiment.
Je l'ai porté en moi toute ma putain de vie.
Incomprise.
Différente.
Ailleurs.
D'un autre monde.
Trop ...
Trop entière.
Trop passionnée.
Trop sensible.
Trop investie.
Trop émotive.
Trop décalée.
Trop gentille.
Trop exigeante.
Trop tâtillon.
Trop tout quoi.
Il est comme ça, lui aussi.
Je le vois grandir et mes poumons se vident d'air.
Dire qu'il va falloir qu'il traverse tout ça.
Dire qu'il va, lui aussi, être un poisson hors du bocal.
Mais comment il va faire ?
Supporter les injustices.
Encaisser les coups.
Digérer les déceptions.
Avancer malgré tout.
Et moi, comment je vais l'aider dans tout ça ?
Je ne sais pas.
J'ai passé la soirée à revivre la scène de ce conseil de classe en imaginant les 2000 variantes dans lesquelles j'intervenais pour dénoncer cette injustice.
Je n'ai pas réussi à m'endormir avant des heures.
Je me suis réveillée à l'aube.
Ma première phrase a été "j'ai été nulle".
Celle de mon fils, réveillé quelques heures plus tard, a été la même !
Il va falloir lutter.
A coup de soutien.
A coup d'amour.
A coup de fous rires.
Il va falloir lutter pour lui donner cette foutue confiance en soi que je n'ai jamais eue.
Parce qu'il n'est pas moi.
Que je ne suis pas lui.
Et que, même s'il est un EDNI, c'est le môme le plus génial que la terre ait jamais porté !
Mon meilleur, meilleur EDNI.
<3
mardi 17 juin 2014
Le syndrome de Mary Poppins
Je suis totalement, absolument, inconditionnellement fan de Mary Poppins !
Petite, elle me faisait rire et rêver, cette magicienne qui transformait la vie de ces deux enfants londoniens dotés d'une mère un peu à l'ouest et d'un père complètement coincé ...
Grande, j'ai fini par rêver qu'elle débarque un jour chez moi, et solutionne tous mes problèmes - petits ou gros - d'un coup de parapluie et de "supercalifragilisticexpialidocious".
J'ai adoré l'idée de "ce morceau de sucre qui aide la médecine à couler", parce que comme tu le sais j'ai dû avaler quelques pilules un peu amères et que ça m'aidait de croire qu'on pouvait les déglutir mieux avec un sourire !
J'ai aimé son regard sur la vie, sur les joies et les peines qu'elle nous apporte forcément.
Je l'aime encore pour ça, pour cette philosophie (j'ose le mot) de la vie qu'elle maîtrise entre deux tasses de thé et un coup de parapluie.
Mary Poppins sait tout.
Elle sait que les enfants ne sont pas heureux parfois.
Elle sait que les parents font de leur mieux, mais sont à côté de la plaque à certains moments.
Elle sait ce décalage entre notre âme d'enfant et nos obligations d'adultes.
Elle sait remettre de la légèreté dans le quotidien pesant de cette maison anglaise.
Elle sait que nous avons besoin qu'on nous rappelle à l'essentiel, à la joie d'être ensemble, d'être en vie tout simplement ...
Mary Poppins est tout.
Elle est la grande gouvernante que les enfants auraient aimé avoir pour la vie entière.
Elle est maternelle et remplace les absences trop nombreuses (et pas que physiques !) de Mme Banks.
Elle est celle qui rappelle au père qu'il doit jouer son rôle, et montrer à ses enfants qu'ils sont pour lui importants, très importants, vraiment importants (plus importants que sa banque !).
J'aurais tellement, tellement aimé avoir dans mon entourage une Mary Poppins !
Quand je la regarde aujourd'hui avec mes yeux d'adultes, et quand je pense à mon passé, je me dis que c'est chez moi que Mary Poppins aurait dû débarquer ...
Une mère de plus en plus absente, un père totalement dans son monde, des enfants perdus ... C'était un peu nous tout ça !
Mais elle n'est jamais venue.
Elle n'a jamais posé son parapluie sur la sonnette de notre maison.
Elle n'a jamais vidé son sac magique pour en sortir plantes vertes et tasse de thé fumante.
Elle ne nous a pas présentés de ramoneurs sympathiques pour aller faire des courses de chevaux de bois ou sauter sur les toits avec le museau noir de suie.
Ca n'est pas arrivé.
Ca n'arrivera jamais.
Mary Poppins, tu vas me dire, n'existe pas ?
Je ne suis pas d'accord.
Moi je crois qu'elle existe.
Mais je crois juste qu'en fait, c'est à nous de la faire exister.
Je crois sincèrement que Mary Poppins est en chacun / chacune d'entre nous.
Il faut juste, juste se pousser, ouvrir son cœur, ses yeux, ses ailes ...
Il faut juste écouter l'enfant en soi, l'enfant devant soi ...
il faut juste prendre ce qui est bon à prendre, aimer ceux qui nous aiment, laisser de côté les autres sans s'en briser le cœur ...
Il faut juste regarder la beauté du monde, de ce monde cinglé, parvenir à capter la moindre parcelle de lumière qu'il peut nous envoyer ...
Il faut juste continuer à rêver ...
... et parvenir à laisser, enfin, voler dans le ciel les beaux cerfs-volants ...
De deux pence de papier et de ficelle
Fabriquez-vous vos propres ailes
Et vous serez ce grand oiseau qui monte et vole
Tout en maintenant serré le long fil enchanté
Oh, oh, oh, laissons s'envoler
Le beau cerf-volant
Laissons-le, qu'il prenne son essor
Et hop, gagnant l'atmosphère
Qu'il vole dans le ciel clair
Laissons le voler
Laissons s'envoler
Le beau cerf-volant
Laissons-le, qu'il prenne son essor
Et hop, gagnant l'atmosphère
Qu'il vole dans le ciel clair
Laissons-le s'envoler !
Puis soudain soulevé de terre
On est bien plus léger que l'air
Pour la danse dans la brise
Au-dessus de tous ces toits gris
Tout en maintenant serré le long fil enchanté
Laissons s'envoler
Le beau cerf-volant
Laissons-le, qu'il prenne son essor
Hop, gagnant l'atmosphère
Qu'il vole dans le ciel clair
Laissons-le s'envoler
Crédit photo : Bob
lundi 9 juin 2014
De toutes façons ma fille, c'est Superman* ...
J'ai cette angoisse depuis leur naissance.
Je la porte tout au fond de moi.
Je lutte contre elle, autant que je peux, mais parfois je me laisse déborder, emporter, amputer de mon bon sens ou de tout recul sur la situation.
Je ne supporte pas que mes mômes soient malades.
Pourtant je suis chanceuse.
Je le sais.
Je ne le sais même que trop bien.
Ils sont en bonne santé, et la santé c'est TOUT !
A part les grosses allergies de ma fille à la naissance, rien de méchant, que des bobos ou maladies classiques pour des enfants.
Et pourtant, à chaque fois que ça devient un peu plus qu'une grippe, à chaque fois que je sens que je perds le contrôle sur le virus / la bactérie, je suis en danger.
En danger de flippe totale.
Comme ce soir.
Un bobo sans gravité, vraiment.
Mais quand même assez chiant.
Un molluscum contagiosum ça s'appelle.
Toujours les noms barbares.
Une petite cochonnerie.
Classique chez les enfants.
Bénin depuis plusieurs semaines.
Avec un pédiatre qui dit de laisser couler.
Et puis un bouton qui perce.
Deux.
Trois.
Et puis une cuisse couverte de 1 boutons purulents.
Et puis un autre médecin.
Rassurant.
Et puis ce soir, le constat que son corps entier semble bourgeonner !
Deux sur le visage, et d'autres en devenir.
Sur le dos, le ventre, derrière les oreilles.
Sa peau d'ordinaire si douce, par endroit désormais rugueuse et métamorphosée.
Merde.
Ce n'est rien.
C'est bénin.
Il n'y a aucune raison de flipper comme ça.
C'est ridicule !
C'est déplacé même.
Je le sais.
Oui je le sais bien !
Mais si tu avais vu ma tête ce soir.
Si tu avais vu mon visage se décomposer.
Si tu avais senti mon cœur battre la chamade.
Tu aurais compris peut être.
Que même si j'ai honte, car il y a tant de vrais malades autour de moi, enfants ou adultes, qui combattent de vraies maladies, des maladies graves ou des syndromes qui handicapent leurs vies ...
Que même si je sais bien qu'il ne faut pas tout mélanger, le passé, le présent ...
Que même si j'ai conscience d'être très chanceuse, vraiment tellement chanceuse d'avoir des enfants en bonne santé ...
Même si, même si, même si ...
Ce soir j'étais terrorisée.
Ce soir j'étais tétanisée.
Ce soir j'étais pétrifiée.
Parce que tout au fond de moi, je crois que s'est imprimée cette équation, aussi maudite que fausse, retenue bien trop tôt et du coup jamais totalement vaincue ... maladie = mort.
J'ai beau savoir que c'est faux, j'ai beau le lire, me le dire, voire l'écrire, je crois que tout au fond de moi il y a une petite fille apeurée qui ne sait absolument pas quoi faire.
Et qui a une peur panique de la maladie.
Je ne peux pas lui en vouloir.
Je sais comment, je sais pourquoi.
Je sais aussi que ce n'est pas rationnel.
Pas intentionnel.
Mais elle ne peut pas régir la situation.
Je veux bien l'entendre, mais pas lui donner le contrôle.
Alors je lutte contre cette angoisse qui m'étreint.
Je fais taire les vilains fantômes.
Je donne la parole à la maman, à l'adulte en moi.
Pour qu'elle rassure tout le monde : la petite fille qu'elle était, la petite fille qu'elle a fait.
Non, toutes les maladies ne sont pas graves.
Et rien de grave ne va arriver à mes enfants.
Tout va bien.
Tout va bien.
TOUT VA BIEN.
Je me le répète, encore et encore, comme un mantra.
Tout va bien.
Tout ira bien.
Tu verras.
De toutes façons, ta fille c'est Superman* !
* Crédit photo : Bob, et on est bien d'accord que c'est Spiderman et pas Superman, mais tu me pardonneras je préfère Superman et j'avais de photo ;) !
Le bonheur, c'est simple comme une fougasse au thon !
Samedi j'ai dû accompagner ma poulette à Paris pour un RDV médical.
Je te passe sur le fait qu'il y a eu un accident sur l'A 6 et qu'on a mis 2h30 pour arriver, sur le fait que le médecin a dû gentiment prendre sa pause déjeuner à l'heure de notre RDV pour pouvoir nous accueillir bien après, que le RDV en lui même a duré presque 1 h ...
Enfin non, je te passe pas sur tout ça parce que du coup, on est sorties vers 13h30 du cabinet médical en étant parties assez tôt et ma poulette était bien affamée avec tout ça.
Je lui propose de passer dans la super boulangerie du quartier.
Son sourire illumine ma journée !
On entre, on commence à choisir, elle voulait une fougasse au thon.
Je prends un sandwich.
"Chauffée la fougasse madame ?"
"Oui s'il vous plaît".
Et comme j'allais ensuite chez une amie, j'en profite pour prendre le temps de choisir un super bon gâteau dans une vitrine de pâtisserie à faire décéder un abonné de Wieght Watchers.
La dame est sur le point d'emballer la fougasse toute chaude.
Mais elle se dirige d'abord vers la caisse pour que je la règle.
Je fouille dans mon sac.
Pas de portefeuille.
Je cherche encore.
Non, vraiment, pas de portefeuille.
Merde !
Mais j'ai mon chéquier.
"Je peux vous faire un chèque SVP je n'ai rien d'autre ?"
J'ai mes papiers de voiture, donc une identité.
Le gâteau est emballé, la fougasse chaude, ma gamine salive jusqu'au pieds ...
Et pourtant le couperet tombe : "Non".
Même avec les papiers de la bagnole.
Même avec un chéquier entier et neuf.
Même avec une gamine qui commence à pleurer.
Bon, tant pis.
Soit.
Je sors en me disant que cette société de consommation est vraiment pourrie jusqu'au trognon.
Que plus personne ne fait confiance à personne.
Et que ça m'emmerde.
Beaucoup.
J'ai ma fille dans les bras, elle pleure doucement en répétant qu'elle a faim et qu'elle avait très envie de cette fougasse.
Rien de grave à l'échelle du notre monde je le sais bien.
Mais je cherche quand même une solution.
J'en trouve pas : pas de portefeuille = pas de CB.
Pas de CB = pas de possibilité de tirer des sous.
Pas de sous = pas de fougasse.
Pas de bras = pas de chocolat !
Et là, du haut de ses 7 ans et avec sa petite voix innocente, ma fille me dit "Mais maman, pourquoi tu demandes pas de l'argent à quelqu'un ???".
Je commence à lui expliquer l'argent, le concept, et je m'arrête.
Les enfants ont souvent des idées vierges de préjugés, il faut les écouter.
Je peux demander de l'argent à quelqu'un oui.
Contre un chèque.
Pourquoi pas ?
La seule chose qui me retient au fond c'est la honte ...
C'est le fait que "ça ne se fait pas !".
Alors je prends mon courage à deux mains, et je montre à ma fille qu'elle a raison, qu'il faut oser, qu'on n'a pas grand chose à perdre.
Et le miracle se produit : non seulement cette charmante dame a bien voulu, mais surtout, elle a refusé mon chèque d'un ton péremptoire.
"Mais enfin je peux quand même offrir une fougasse à votre fille qui pleure et qui a faim non ?!"
Ben oui, vous pouvez.
Au contraire.
Allez y.
Faites moi rêver.
Et on est rentrées dans la boulangerie.
On a re-commandé la fougasse.
On l'a re-faite chauffer.
Et la dame a réglé pour nous avec un grand sourire.
Et ma fille lui a fait un énorme bisou.
Et pendant quelques minutes suspendues le monde était moins égoïste, moins moche, moins con ...
Et tout le monde est reparti de son côté, le cœur léger, un peu comme un ballon d'hélium.
Ca tient à pas grand chose de changer une journée un peu chiante en super bonne journée ...
Le bonheur, au fond, c'est simple comme une fougasse au thon !
Crédit photo : Bob
dimanche 8 juin 2014
Ca sert à quoi tout ça ?
Catharsis
(nom féminin, invariable)
1 représentation dramatique antique destinée à purifier les spectateurs
2 (psychologie) méthode de traitement fondée sur la décharge émotionnelle résultant du sentiment de revivre des événements traumatiques
Ce mot me vient et me revient, je le ressens tellement puissamment.
Vous me le renvoyez aussi parfois, si justement.
Ce blog, cette aventure, ce "déballage" pour certains ...
Une catharsis.
Ma catharsis.
Faut-il rougir de cette impudeur ?
Faut-il arrêter ce grand ménage de printemps ?
Faut-il recommencer à masquer, à cacher ?
A taire, à se taire ?
Est-ce que c'est mieux de ne pas sortir, tout sortir, s'en sortir ?
Est-ce que c'est si gênant de dire qui l'on est vraiment ?
De ne plus mentir ?
De ne plus se mentir ?
D'être sincère ?
Au risque de choquer, de blesser les autres peut-être ...
Au risque de se choquer, de se blesser sans doute ...
Mais je crois pour ma part à cet effet salvateur.
Je crois à la vague qui te submerge, t'étouffe, te réduit à néant ...
Mais je crois aussi à la force des jambes qui finalement te permettent de te relever, la bouche et les yeux pleins d'eau salée, du sable sur tout le corps, épuisé et vidé, mais comme neuf, comme une re-naissance ...
Une fois que ton corps a tout craché, que ton âme a tout vomi, une fois que tu n'as plus rien à lâcher, une fois que tu as tout lâché, je crois à ce sentiment de force qui t'envahit ...
C'est pour ça que je continue.
Pardon à tous ceux ou toutes celles que ça dérange.
Et merci à ceux qui se laissent toucher.
Je vous embrasse.
lundi 2 juin 2014
C'est comme un cycle ...
C'est comme un cycle ...
Comme un voyage à bicyclette ...
Comme ces roues, qui tournent, tournent, tournent encore pour te mener où tu veux ...
C'est comme un cycle.
Une vie qui commence, une autre qui finit.
Un chagrin le matin, un fou rire le soir.
Une main dans la gueule, une autre tendue.
Un tiens.
Deux tu l'auras.
C'est comme un cycle.
Tu gagnes, tu perds.
Tu ris, tu pleures.
Tu comprends, t'es perdue.
C'est comme un cycle.
T'es high, t'es down.
Tu soulèves des montagnes, tu t'écroules comme une merde.
Le monde t'appartient, il t'est étranger.
C'est comme un cycle.
Ton yin, ton yang.
Le meilleur, le pire.
Un pas en avant, un autre en arrière.
La vie.
La mienne.
La tienne peut être aussi ?
C'est comme un cycle.
Alors viens, viens, on roule !
Droit devant.
Sans les freins.
Tout plutôt que de rester sur place !
Crédit photo : Bob
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